Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants Qu'un idole d'époux et des marmots d'enfants. (Molière)
J'ignorais qu' idole ait jamais eu le genre masculin. Mot que les Grecs et les Latins avaient rangé parmi les neutres et que les écrits en français contemporain font féminin.
> Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants > Qu'un idole d'époux et des marmots d'enfants. > (Molière)
> J'ignorais qu'idole ait jamais eu le genre masculin. Mot que les Grecs et > les Latins avaient rangé parmi les neutres et que les écrits en français > contemporain font féminin.
Le genre des mots doit s'incliner devant le talent du poète.
> Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants > Qu'un idole d'époux et des marmots d'enfants. > (Molière)
> J'ignorais qu' idole ait jamais eu le genre masculin.
Il semblerait pourtant qu'il l'ait eu, si du moins l'on en croit cet extrait du dictionnaire de Féraud livré ci-dessous dans l'habit de l'époque :
IDOLE, s. f. Autrefois on fesait idole masc. "Idole sacré. Corn. -- Le P. Barre, (Hist. d' Allem.) lui a encôre doné ce genre. "Les idoles furent brisés et jetés hors des temples. = Ce mot est aujourd'hui constamment fém. et depuis long-tems
> Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants > Qu'un idole d'époux et des marmots d'enfants. > (Molière)
> J'ignorais qu' idole ait jamais eu le genre masculin. Mot que les Grecs et > les Latins avaient rangé parmi les neutres et que les écrits en français > contemporain font féminin.
Je lis : " Ceux qui faisaient idole masculin obéissaient à l'étymologie (latin idolum) ; ceux qui le faisaient féminin obéissaient à la terminaison, qui est féminine. XIe s."
Mais idol-um est neutre, voir le Gaffiot. Comme le genre neutre pour les substantifs n'existe pas en français, "étymologiquement" on les range dans le genre masculin. Ainsi le neutre latin templ-um fait *le* temple en français.
> Je lis : > " Ceux qui faisaient idole masculin obéissaient à l'étymologie (latin > idolum) ; ceux qui le faisaient féminin obéissaient à la terminaison, qui > est féminine. XIe s."
> Mais idol-um est neutre, voir le Gaffiot. Comme le genre neutre pour les > substantifs n'existe pas en français, "étymologiquement" on les range dans > le genre masculin. Ainsi le neutre latin templ-um fait *le* temple en > français.
> Mais idol-um est neutre, voir le Gaffiot. Comme le genre neutre pour les > substantifs n'existe pas en français, "étymologiquement" on les range dans > le genre masculin. Ainsi le neutre latin templ-um fait *le* temple en > français.
Gardez-vous de généraliser trop vite : lat. folium neutre, fr. feuille, féminin. Le forme picarde, folie, se rencontre souvent en toponyme, y compris à Paris (Folie-Bergères, Folie-Méricourt, Folie-Régniaud...). Dans ce cas, le mot français dérive du pluriel neutre en -a, faussement pris pour féminin à basse époque. Paradigme : Organum (n.) > orgue (m.) / orgues (f.)
> Gardez-vous de généraliser trop vite : lat. folium neutre, fr. feuille, > féminin. Le forme picarde, folie, se rencontre souvent en toponyme, y > compris à Paris (Folie-Bergères, Folie-Méricourt, Folie-Régniaud...). Dans > ce cas, le mot français dérive du pluriel neutre en -a, faussement pris > pour féminin à basse époque. Paradigme : Organum (n.) > orgue (m.) / > orgues (f.)
Si ce neutre est devenu féminin, c'est, comme vous le dites, parce qu'il est passé dans la langue au pluriel folia dont la terminaison en -a l'a fait passer pour féminin. Mais cela doit dater du latin même, vers la fin de l'empire, parce qu'en italien foglia et en espagnol hoja, issus de folia, sont aussi au féminin.
> Si ce neutre est devenu féminin, c'est, comme vous le dites, parce qu'il > est passé dans la langue au pluriel folia dont la terminaison en -a l'a > fait passer pour féminin. Mais cela doit dater du latin même, vers la > fin de l'empire, parce qu'en italien foglia et en espagnol hoja, issus > de folia, sont aussi au féminin.
Oui, c'est ce que je voulais dire par « basse époque ».
Notez que certains neutres sont passés au féminin parce qu'ils ne pouvaient pas passer au masculin. :)
C'est le cas des noms de fruits, comme poire.
En latin, pirus, masc. désigne le poirier. Le neutre, pirum, le fruit. Les deux aboutissent à *piro. Il était impossible aux langues romanes d'utiliser le même mot pour le fruit et l'arbre. Moralité : comme on considérait généralement plusieurs fruits, on disait plus souvent pira que pirum, et finalement, pirum a passé au féminin par l'intermédiaire, une nouvelle fois, de son pluriel, mais ici également faute d'alternative viable, sauf à le remplacer.
Donc, aujourd'hui, italien piro, pira. Le français s'est ingénieusement tiré de l'impasse en ajoutant un suffixe au nom de l'arbre, mais le genre du fruit a viré au féminin malgré tout.
> De même, pomum, neutre, français pomme, féminin.
Mais là aussi par son pluriel poma pris pour un féminin. Mais pomum signifiait fruit, la pomme des Romains se disait malum. Malum ressemblait à malum, le mal, et c'est le mot générique pomum qui désignera la pomme et remplacera malum.
J'aime bien l'histoire des mots. Par exemple en latin classique le verbe qui veut dire parler est loqui. Il a complètement disparu du français, sauf en résurections savantes comme colloque, loquace... et c'est de parabolare que vient notre parler !
> Mais là aussi par son pluriel poma pris pour un féminin. Mais pomum > signifiait fruit, la pomme des Romains se disait malum. Malum > ressemblait à malum, le mal, et c'est le mot générique pomum qui > désignera la pomme et remplacera malum.
Absolument. On retrouve quand même malum dans des termes savants comme l'acide malique, par exemple. Mais cette substitution sémantique, a contrario du genre, ne concerne que le français. Italien « mela », par exemple, avec fermeture du a tonique en é.
> J'aime bien l'histoire des mots. Par exemple en latin classique le verbe > qui veut dire parler est loqui. Il a complètement disparu du français, > sauf en résurrections savantes comme colloque, loquace... et c'est de > parabolare que vient notre parler !
Et soliloque ! Loquor était un déponent qui ne pouvait pas être régularisé par analogie sur un modèle courant. Il a donc été abandonné, parce que trop difficile, au profit de verbes plus réguliers de sens voisin. Aucune langue latine ne possède de dérivés (populaires) de loquor. Regardez en français : si le verbe tître (tistre) a disparu, hormis son participe passé tissu(e), c'est bien parce qu'il était difficile à conjuguer. À sa place, par analogie, la langue a forgé tisser, verbe régulier du premier groupe.
Le 05/02/2008 20:35, Caligula répondait à Vincent :
>> De même, pomum, neutre, français pomme, féminin. > Mais là aussi par son pluriel poma pris pour un féminin. Mais pomum > signifiait fruit, la pomme des Romains se disait malum. Malum ressemblait à > malum, le mal, et c'est le mot générique pomum qui désignera la pomme et > remplacera malum.
Serait-ce pour cette raison que le fruit défendu de la Bible est devenu une pomme dans l'imaginaire collectif ?
>> Serait-ce pour cette raison que le fruit défendu de >> la Bible est devenu une pomme dans l'imaginaire >> collectif ? > Oui. Pourtant la Vulgate ne parle ni de pomum ni de > malum mais de fructus ligni = le fruit de l'arbre.
Je confirme. J'ai consulté la version originale de la Bible, en anglais, et ça dit bien « the fruit of the tree which is in the midst of the garden », « le fruit de l'arbre qui est dans le jardin mais pas au bord ».